Cinéma et politique, une alliance historique
Cinéma et politique, c’est l’assemblage à la mode de cette fin d’automne.
C’est ainsi qu’à Ronda, au cœur de l’Andalousie, ville blanche coupée en deux par un précipice (El Tajo) et connue pour ses magnifiques arènes construites en 1785, s’est déroulé du samedi 27 novembre au 4 décembre un nouveau festival de cinéma intitulé «Un Cinéma politique pour le XXIe siècle». Avec, comme invité spécial, Ken Loach.
C’est ainsi qu’à Cannes même, la ville du plus grand festival du monde, a eu lieu du 6 au 11 décembre des Rencontres cinématographiques, axées autour de la politique, de la justice et de la société, sous le patronage de Costa Gavras.
Et enfin dans un troisième pays, la Suisse, l’année d’études en cours de la section cinéma de la haute école d’art et de Design, la Head, à Genève, est consacrée aux rapports entre le cinéma et de la politique.
Le cinéma a toujours été marqué par la politique, que ce soit quand le cinéma primitif français (notamment Georges Méliès) s’emparait de l’affaire Dreyfus ou quand, dans les années 30, la CGT finançait la production de la Marseillaise de Jean Renoir. Ou que Julien Duvivier, en plein Front populaire, réalisait deux fins différentes à la Belle équipe, chacune induisant une vision du monde (1) et du Front populaire (fin heureuse, le film montrait une confiance dans la classe ouvrière prenant son destin en main, fin pessimiste, c’était le contraire).
La politique n’était pas loin non plus quand David Wark Griffith faisait l’éloge du Ku Klux Klan dans Naissance d’une nation (film dont on oublie combien il est raciste!) ou quand William Wellman décrivait les ravages que la grande dépression fit dans la jeunesse de son pays dans l’admirable Wild Boys of The Road (à droite), qui se termine sous le portrait de Franklin Delano Roosevelt. Ou quand Gregory LaCava tournait Gabriel Over The White House, ou quand John Ford tournait les Raisins de la colère. Et ne parlons pas du Charles Spencer Chaplin des Temps modernes (et son drapeau rouge) ou du Dictateur, ou encore des intentions sociales teintées d’engagement politique très à gauche de certains films de Robert Rossen, ou de la vision de l’après Vietnam exprimée par Elia Kazan dans Les visiteurs…









