Publié le: Fri, Oct 7th, 2011

Audrey Pulvar : l’impertinence contre l’industrie médiatique

Le nom de la nouvelle émission d’ n’est pas dépourvu d’ironie, tant la journaliste semble payer le prix de sa relation avec Arnaud Montebourg. La polémique a rapidement enflé, du fait de l’empressement de la chaine d’information de Canal+ à suspendre sa présentatrice vedette, alors même que la campagne présidentielle n’a pas encore débuté. I>Télé a alors affirmé que son éviction était une mesure “de prudence, d’éthique, et de déontologie”.

Le 26 novembre, dans les colonnes de Libération, Audrey Pulvar – qui dans un premier temps avait dit “comprendre la décision de sa chaîne” – s’est révoltée contre “ce procès permanent en incompétence, manque de maîtrise ou hystérie”, fait à toutes les femmes. “Ainsi donc, au-delà de mon cas aujourd’hui, une femme serait encore condamnée à penser comme et par son compagnon. Elle serait toujours incapable de s’émanciper non seulement du jugement dudit compagnon, mais aussi des sentiments qu’elle nourrit pour lui”, écrivait-elle.

Des journalistes traitées “comme des potiches” ?

Patrick Eveno, historien des médias, et Professeur à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, remarque que “le cas d’Audrey Pulvar, comme les précédents, concerne une femme. On ne pose pas la question pour les hommes. Mais dans le cas Pulvar, c’est dirigé vers la femme de télévision, qui est considérée comme une potiche, pas comme une vraie journaliste.”

De plus, ce n’est pas un cas isolé. “Il y a des journalistes qui sont mariés avec des syndicalistes, avec des cadres d’entreprise. Le journaliste est inséré dans un réseau social, culturel”, explique le spécialiste des médias, qui cite Valérie Trierweiler, animatrice du grand rendez-vous politique de Direct8 (Politiquement parlant), et compagne de François Hollande, probable concurrent d’Arnaud Montebourg aux primaires socialistes.

“Dans la presse écrite, un tel cas aurait fait moins de vagues”, poursuit Patrick Eveno. Une journaliste du Figaro, lorsqu’elle était en relation avec Nicolas Sarkozy en 2005 (lors de sa première séparation avec Cécilia), avait demandé à ne plus être en charge des sujets politiques. “Il y a un machisme récurrent qui continue d’exister, notamment à la télévision”, insiste l’historien des médias.

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